L'économie symbiotique : une solution bio-inspirée pour mieux innover

À Nanterre, le parc du Chemin-de-l'Île est un bel exemple de fonctionnement symbiotique : œuvre du paysagiste Guillaume Geoffroy-Dechaume, il allie une fonction d’agrément pour les promeneurs à une fonction d’épuration des eaux de la Seine. Les plantes qui composent ses bassins ont ainsi été chacune sélectionnées pour leur pouvoir d’épuration spécifique. La conception du parc a également réussi le pari ambitieux de concilier économie et écologie : les matériaux utilisés pour son aménagement sont en effet constitués principalement de déchets présents autrefois sur le site et les anciennes clôtures de béton sont devenues les nouvelles fondations de l’architecture du parc.

 

Ainsi, plusieurs fonctions et services se retrouvent interconnectés au sein d’un même écosystème. Par effet de symbiose, son fonctionnement s’en trouve optimisé. De façon similaire, l’application de principes symbiotiques permettrait d’augmenter l’efficience des systèmes innovants tant du point de vue économique, que social ou encore écologique. L’énergie dégagée par les data center permettrait par exemple de chauffer des logements, des centres aquatiques ou encore des serres, et les déchets d’une industrie seraient systématiquement la matière première d’une autre. Énergie, information et matière s’organiseraient en réseau et développeraient leur plein potentiel. Rien ne serait perdu, gâché ou extrait inutilement. Ces réseaux symbiotiques favoriseraient alors la régénération des ressources naturelles. 

Dans son ouvrage « L’économie symbiotique », Isabelle Delannoy présente ainsi les fondations d’une nouvelle logique qui permettrait de réduire de 90% l’extraction des ressources tout en renforçant nos capacités de production et d’innovation : une coopération toujours libre entre des acteurs diversifiés, un égal potentiel d’accès aux ressources échangées, une conception reposant sur des services écosystémiques (où la nature devient épuratrice, nourricière, régulatrice du climat, ou encore bio-usine), une efficience maximale de l’utilisation des ressources (où chaque mètre carré réalise le maximum de fonctions possibles, toujours en parfaite harmonie) sont autant de principes de cette nouvelle économie.

Beaucoup d’efforts doivent être encore accomplis pour faire passer cette logique du statut de concept hautement désirable à celui de pratique systématique, mais l’économie symbiotique ouvre déjà de nouvelles voies d’innovation et fournit un cap : celui d’une régénération globale, écologique, économique et sociétale.

Source :

 

Delannoy, Isabelle (2017), L'économie symbiotique, Régénérer la planète, l'économie et la société, Actes Sud, Domaines du possible.

2020

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